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Alimentation durable : cinq reportages récompensés

Quand on parle nourriture dans les médias, c'est souvent pour évoquer la gastronomie. Un prix mis en place par la Fondation Thomson Reuters et le Barilla Center for Food and Nutrition récompense depuis peu les reportages qui mettent en avant les productions bonnes, propres et justes pour l'homme et son environnement.

Pauvreté et famine pour les uns, surconsommation, gaspillage alimentaire et obésité pour les autres. Sans parler des effets du dérèglement climatique sur la filière agricole... tels sont les paramètres auxquels notre système alimentaire doit s'adapter aujourd'hui.

Et si le rôle des journalistes et des médias est clef pour mettre en avant ces enjeux et inciter la population à agir différemment, il est toujours bon de les encourager en ce sens ! Avec le "Food Sustainability Media Award", cinq journalistes viennent d'être récompensés pour des reportages qu'ils ont effectué sur le sujet.

Des effets du CO2 sur les nutriments

L'Américaine Helena Bottemiller Evich, tout d'abord, pour un reportage paru dans Politico sur la baisse des nutriments contenus dans notre alimentation. En cause ? Les niveaux élevés de CO2, qui ont un impact sur la quantité de sucre contenue dans les plantes, au détriment des autres nutriments. Ce domaine de recherche est relativement nouveau, explique la journaliste : "les minéraux, vitamines et protéines contenus dans nos aliments ont chuté depuis 50 à 70 ans. Les chercheurs ont toujours affirmé que cela était lié aux choix de culture effectués de façon à obtenir des rendements supérieurs sans faire attention à la valeur nutritionnelle (...) aujourd'hui les chercheurs estiment que la concentration de CO2 dans l'atmosphère peut aussi être en cause dans cette diminution"

Alors que ce champ de recherche reste émergent, les rares scientifiques (tels le pionnier Irakli Loladze) qui planchent sur ce sujet mettent en garde : dans quelques décennies, cela peut avoir des conséquences sur la teneur en zinc, en fer et en protéines des plantes consommées dans des pays comme l'Inde ou le Bangladesh par exemple, avec des conséquences non négligeables pour la santé publique (anémie par exemple).

Anticiper la fin de la pêche aux Philippines d'ici 2048

Autre journaliste de presse écrite à être récompensée, Nastasha Alli, originaire des Philippines, se penche pour sa part sur l'avenir de la consommation de poisson dans son pays d'origine. Alors que le petit-déjeuner traditionnel est composé de poissons séchés, elle s'inquiète de l'avenir de son alimentation, l'ONU ayant récemment estimé dans un rapport que les produits de la mer ne seront plus accessibles ni commercialisables d'ici trente ans... "Les stocks de poisson ne représentent déjà plus qu'un cinquième de ce qu'ils représentaient dans les années 1970", souligne la journaliste qui s'intéresse alors aux initiatives mises en place afin de proposer un accompagnement et une approche durable de la pêche au million de petits pêcheurs traditionnels qui souffrent aujourd'hui de la pollution des eaux (notamment par le plastique).

Le pain quotidien

Autre travail mis en avant, celui du photographe Américain Gregg Segal publié dans Time Magazine : son idée consiste à prendre en photo des enfants entourés des aliments qu'ils ont consommés dans la semaine. "La globalisation change notre rapport à la nourriture, et je voulais illustrer la manière dont les habitudes alimentaires prises jeunes sont déterminantes pour le reste de la vie en me concentrant sur des régions et des communautés où le slow food ne sera jamais remplacé par de la junk food, où la cuisine maison est un socle de la culture familiale locale" explique le photographe, désireux avec ce travail de mettre en avant des communautés qui sont en mesure de changer la donne en termes de modèles alimentaires.

Gregg Segal

La malnutrition au Rwanda

Dans un reportage encore non publié, la vidéaste Maggie Andresen se penche sur les programmes d'accompagnement des enfants souffrant de malnutrition chronique. Au Rwanda, cela concerne 38 % des enfants si bien que ce problème est devenu une priorité nationale. Son travail photographique suit Nyirantungane Claudine, 21 ans, maman des jumelles Uwiduhaye Divine and Muhawenimana Kevine pour illustrer les difficultés rencontrées dans des pays où l'alimentation vient à manquer après de longues périodes de conflit, et qui s'aggravent quand les foyers sont parmi les plus pauvres... Les programmes d'accompagnement visent à régler directement les conséquences du problème, mais aussi à former les parents, notamment à la production agricole locale...

L'apartheid alimentaire

Dernier sujet à être récompensé : le travail de la journaliste Kim Harrisberg qui, en Afrique du Sud, s'est penchée sur la manière dont les difficultés alimentaires des plus pauvres prolongent indirectement les inégalités de traitement propres à l'apartheid. Son documentaire, qui a été visionné par deux millions de téléspectateurs lors de sa diffusion à la télévision publique, se penche sur le stress des mères qui peinent à nourrir correctement leurs enfants, la violence que cela peut générer chez certains hommes, les conséquences sur l'éducation, l'emploi et la santé. Alors que le taux d'obésité en Afrique du Sud est le plus élevé d'Afrique sub-saharienne et que 10 000 nouveaux cas de diabète se déclarent chaque mois, ce documentaire met en avant l'urgence d'agir pour mettre fin à ces différences de régimes...

De quoi illustrer les injustices sociales et mettre le doigt où cela fait mal... pour mieux trouver des solutions ? Et vous, des reportages sur le sujet de l'alimentation vous ont-ils marqués récemment ? 

Vous avez apprécié cette information ? Vous aimerez également notre guide pratique « L’écologie dans nos assiettes ».

Au sommaire : Tout pour faire sa transition alimentaire en douceur et répondre aux enjeux d’une alimentation plus durable !

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