Trois syndicats revendiquant 65,5% de la représentativité de Suez réclament que 11% de l'actionnariat du groupe qui sera redécoupé après le rachat du géant de l'eau par son rival Veolia soit réservé aux salariés afin de le protéger contre de futures OPA hostiles, ont-ils annoncé mardi.
"L'Union syndicale Suez exige que le futur pacte d'actionnaires soit immédiatement modifié et de porter dorénavant l'actionnariat salarié a minima à 11%. Cette nouvelle disposition protégera les intérêts des salariés dans le cas d'une OPA hostile ou de futures cessions tant redoutées", expliquent dans un communiqué les trois syndicats formant cette union.
"A 10% ou moins, les salariés subissent les OPA. Quand on le dépasse, cela change la donne et on peut se défendre. Dans le futur Suez, on veut que l'actionnariat salarié décide dans l'intérêt des salariés de Suez", a expliqué Jeremy Chauveau, représentant de la CFDT et l'un des porte-parole de l'union.
"Nous demandons donc au ministère de l'Économie et des Finances de peser de tout son poids pour une modification de l'actionnariat du futur Suez et d'apporter son plein soutien à l'Union syndicale Suez", selon le communiqué.
"Le rôle de notre union n'est pas d'être un +faiseur de rois+ ou bien de prêter allégeance à qui que ce soit. C'est pourquoi nous ne prendrons pas position pour un potentiel investisseur", assurent encore les trois syndicats.
Le 11 avril, au terme de plus de sept mois de bataille, les dirigeants de Veolia et de Suez se sont finalement entendus pour que le premier absorbe une bonne part du second et forme un "champion" de l'eau et des déchets pesant quelque 37 milliards d'euros.
Veolia avait racheté début octobre auprès d'Engie 29,9% de Suez, avant de lancer une OPA sur le reste des parts, au grand dam de son rival assiégé.
Le projet actuel du futur Suez prévoit 40% pour le consortium de fonds Ardian-GIP, 40% pour le fonds Meridiam, le reste partant à la Caisse des dépôts (CDC) et aux actionnaires salariés.
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