France RH a créé un label RSE adapté aux petits organismes, aux TPE et PME.
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Un nouveau label RSE adapté aux petits organismes, TPE et PME

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Un consultant en ressources humaines vient de mettre sur pied un nouveau label RSE dédié aux petites et moyennes structures. Son mot d'ordre : l'accessibilité dans sa lecture et sa mise en œuvre.

Le consultant France RH, dont le siège est basé à Quimper en Bretagne, propose désormais un label RSE adapté aux petits organismes, aux TPE et PME partout en France, et baptisé "RESPECT". Les labels existants à ce niveau pour ces structures s'avèrent la plupart du temps complexes et coûteux, d'après France RH, qui a souhaité mettre sur pied une labellisation plus adaptée afin de valoriser la mise en place de pratiques responsables.

L'objectif : s'engager dans une démarche simple en vue de l'obtention d'un label qui répond à des critères précis qu'il faut évidemment respecter... en le prouvant. ID s'est entretenu avec Cassandre Rivallan, co-dirigeante associée de France RH. Rappelons que France RH propose notamment du conseil, de l'accompagnement et de la formation personnalisés dans le domaine des ressources humaines et du handicap.

Pourquoi avoir décidé de lancer ce label ?

Nous avons réalisé que la plupart des labels que nous mettions en place chez les clients n'étaient pas toujours adaptés. Nous sommes surtout sur des TPE et des PME et ce n'est pas toujours accessible en termes de temps et de moyens. Plusieurs labels reposent surtout sur l'ISO 26000. Nous avons fait délibérément le choix de créer notre propre référentiel. Nous y avons intégré plusieurs piliers dont un pilier RH puisque nous sommes à la base une société de conseil RH. Nous y avons évidemment aussi intégré tous les autres piliers de la RSE

Nous voulions que ce soit plus facile d'y accéder en termes de lecture, que ces structures aient plus d'autonomie... Mais pour autant, ce n'est pas donné." 

Pour ces structures, quels sont les avantages à obtenir un label RSE ?

Pour les TPE et PME, nous voyons au niveau des marchés, des appels d'offres, que de plus en plus de structures demandent une démarche RSE. Ce n'est pas toujours évident d'y répondre. Certains font un raccourci en se disant que la RSE, c'est l'environnement. Ils vont expliquer qu'ils trient leurs déchets, qu'ils essaient de faire attention à la provenance de leurs matières... Mais c'est beaucoup plus que cela. Voilà pourquoi nous avons imaginé quelque chose de clair pour leur permettre d'accéder facilement à un premier palier de la RSE. Nous ne sommes pas là pour concurrencer les gros labels basés sur l'ISO 26000 et c'est pour cela que nous sommes vraiment orientés TPE, PME, associations, voire petites communes. 

Nous sommes sur de l'apport de preuves car nous voulons que les structures fassent des choses concrètes. Mais aussi sur de l'apport de connaissances, car nous voulons qu'elles comprennent ce qu'elles font et qu'elles évitent les raccourcis. Qu'elles ne se disent pas : "Je sponsorise un sportif en situation de handicap, c'est bon, je fais de la RSE !" Ce n'est pas que cela. Nous voulions que ce soit plus facile d'y accéder en termes de lecture, que ces structures aient plus d'autonomie... Mais pour autant, ce n'est pas donné. 

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Quels sont les critères à respecter ?

Concrètement, nous avons une première étape sur de la connaissance. Il faut répondre à des questionnaires de connaissances qui portent sur les thèmes du référentiel. Concernant la deuxième étape, dans le référentiel, nous avons des thématiques qui reposent d'une manière globale sur tout ce qui touche au contexte, à l'engagement et au suivi. Nous demandons à ce que cela fasse partie de la stratégie de l'entreprise, une stratégie de communication et de suivi au niveau des indicateurs. 

 L'environnement est un incontournable de la RSE, mais nous ne l'avons volontairement pas mis en premier pour montrer que la RSE, ce n'est pas que cela."

Nous avons par ailleurs cinq piliers. Un premier, qui est un pilier RH, touche au respect des salariés. Nous parlons handicap, bien-être au travail, tout ce qui est santé et sécurité au travail d'une manière générale et politique RH : recrutement, intégration, formation, compétences et gestion des départs. 

Le deuxième pilier concerne le respect des clients. Nous parlons ici de loyauté avec tout ce qui touche à l'éthique et à l'analyse des risques. Avec en deuxième volet la communication : comment gérer les réclamations, la satisfaction, comment informer les clients sur l'activité, ce qu'on met dans le contrat... Tout ce qui est transparence. 

Sandrine Modeste et Cassandre Rivallan, co-dirigeantes de France RH.
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La troisième partie touche le respect des fournisseurs, des sous-traitants. Tout ce qui permet de réaliser l'activité. Nous parlons d'achats responsables avec des critères de sélection, la surveillance, la communication mais aussi la formation des acheteurs.

Nous avons bien évidemment un quatrième pilier sur l'environnement/l'écologie. C'est un incontournable de la RSE mais nous ne l'avons volontairement pas mis en premier pour montrer que la RSE, ce n'est pas que cela. Nous sommes ici sur du factuel : il faut démontrer son engagement, savoir quels sont ses risques sur l'environnement, ses impacts en termes de pollution, etc. L'organisme doit aussi nous prouver qu'il trie ses déchets, si cela est applicable car il y a bien sûr des sections non-applicables selon l'activité de l'entreprise.

Il y a aussi tout ce qui touche à l'énergie, l'électricité, le gaz, la fuel, l'énergie renouvelable, la biomasse (etc.) et la consommation d'eau, si l'entreprise est concernée. Il y a également une partie sur la biodiversité et tout ce qui touche à la pollution lumineuse, sonore et olfactive, toujours selon l'activité de l'entreprise. L'idée est de faire un premier pas vers de la sensibilisation sur ce type de pollution, car on n'y pense pas toujours. 

Enfin, nous avons un pilier sur l'environnement socio-économique. La RSE, c'est faire sa part dans l'environnement local mais pas que. Nous demandons si la structure connaît son écosystème professionnel, si des études de marché sont faites... Et nous avons un volet participatif : mécénat, partenariats... Nous leur demandons de prouver qu'ils s'investissent directement ou indirectement dans l'une des thématiques que nous avons listées. 

Ce label est donc plus accessible en termes de mise en œuvre et de coûts, mais nous sommes quand même restés sur un premier niveau d'exigences incontournables. 

Nous donnons un an à la structure à partir du moment où elle s'engage pour nous donner tous les éléments, qu'il s'agisse des questionnaires ou des preuves."

Ce label dispose-t-il de plusieurs niveaux ?

Oui nous faisons une moyenne de tout cela et il y a des points bonus. Les structures obtiennent alors une note sur 20. En-dessous de 12, elles n'obtiennent pas le label. Entre 12 et 14, c'est le premier niveau, entre 14 et 16 le deuxième et au-delà de 16, le troisième. 

Quand une entreprise se tourne vers vous pour tenter de décrocher ce label, le processus prend environ combien de temps ?

Nous donnons un an à la structure à partir du moment où elle s'engage pour nous donner tous les éléments, qu'il s'agisse des questionnaires ou des preuves. Ensuite, cela peut aller très vite : elle peut obtenir le label dans le mois qui suit. Cette année que nous lui laissons, permet de s'imprégner du référentiel et de développer éventuellement certaines pratiques pour obtenir un premier niveau ou un niveau supérieur.

Le certificat est valable deux ans. Les entreprises paient une adhésion à France RH pour l'utilisation de la marque, en fonction de l'effectif. Au bout de deux ans, il faut repasser une évaluation allégée, pour voir si tout suit. Je précise notamment que des personnes différentes au sein de la structure gèrent la partie e-learning que nous proposons sur le label et la gestion de l'évaluation. Car nous ne voulons pas donner l'impression que parce qu'une entreprise achète le e-learning, nous lui donnerons la labellisation...